
Les risques de l'EMDR : guide complet pour une thérapie en toute sécurité
Mis à jour le 04/06/2026 par Claude Barbey
L'EMDR attire chaque année davantage de patients en France, où plus de 10 000 thérapeutes seraient formés à cette méthode selon l'association EMDR Europe. Avant de franchir la porte d'un cabinet, vous vous posez une question légitime : les emdr risques sont-ils réels, et comment s'en prémunir concrètement ? Dans cet article, je vous donne une réponse honnête, fondée sur les données scientifiques disponibles et l'expérience terrain.
Qu'est-ce que l'EMDR et comment fonctionne cette thérapie ?
L'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une psychothérapie structurée qui aide le cerveau à retraiter les souvenirs traumatiques grâce à des stimulations bilatérales alternées. Développée par Francine Shapiro en 1987 aux États-Unis, cette approche est aujourd'hui reconnue par l'Organisation Mondiale de la Santé comme traitement de référence du trouble de stress post-traumatique (TSPT).
Le principe repose sur la stimulation alternée des deux hémisphères cérébraux — généralement par des mouvements oculaires guidés, des tapotements rythmiques ou des sons alternatifs — pendant que le patient se concentre sur un souvenir douloureux. Ce mécanisme activerait les capacités naturelles de traitement de l'information du cerveau, des processus comparables à ceux observés durant le sommeil paradoxal (phase REM).
En France, l'EMDR a été intégrée dans plusieurs protocoles hospitaliers, notamment pour les victimes de catastrophes, d'agressions ou d'accidents graves. La Haute Autorité de Santé (HAS) la recommande dans le traitement du TSPT depuis 2007. Selon une revue de la littérature publiée dans le Journal of Anxiety Disorders (van Etten & Taylor, 1998), l'EMDR présente des taux d'efficacité comparables aux thérapies cognitivo-comportementales sur les symptômes traumatiques.
Pour bien comprendre les emdr risques, il faut saisir ce qui se passe réellement dans une séance : le thérapeute amène le patient à revivre, de façon contrôlée et balisée, les émotions et images associées à un trauma. C'est précisément cette intensité émotionnelle qui génère à la fois l'efficacité et les risques potentiels. Une arme à double tranchant, en somme.
Quels sont les risques de l'EMDR les plus courants ?
Les risques les plus fréquents de l'EMDR sont des effets secondaires temporaires qui surviennent pendant ou dans les jours suivant les séances : fatigue émotionnelle, remontées de souvenirs intenses, irritabilité transitoire ou rêves particulièrement vifs. Ces manifestations sont généralement normales — elles signalent que le cerveau continue son travail de retraitement — et s'estompent en quelques jours.
Voici un tableau récapitulatif des effets indésirables les plus fréquemment observés dans les études cliniques :
| Effet indésirable | Fréquence estimée | Durée habituelle |
|---|---|---|
| Fatigue intense après séance | Très fréquent (>30 %) | 24 à 48 h |
| Remontées de souvenirs ou d'images | Fréquent (20–30 %) | 2 à 7 jours |
| Rêves vifs ou cauchemars | Fréquent (15–25 %) | 1 à 5 jours |
| Irritabilité ou tristesse transitoire | Fréquent (20 %) | 1 à 3 jours |
| Sensation de flottement ou dissociation légère | Peu fréquent (5–10 %) | Quelques heures |
| Aggravation temporaire des symptômes | Rare (<5 %) | Variable |
Les emdr risques les plus préoccupants restent cependant plus rares et concernent principalement les situations mal encadrées :
- La décompensation émotionnelle : une séance peut ouvrir des "portes" sur des traumatismes plus anciens que le patient n'était pas préparé à affronter, provoquant une surcharge psychique difficile à contenir.
- La re-traumatisation : si le thérapeute progresse trop vite, sans phase de stabilisation préalable suffisante, le patient peut se trouver submergé par ses propres émotions.
- La dissociation pathologique : chez des personnes présentant des troubles dissociatifs non diagnostiqués, le protocole peut aggraver cet état au lieu de le résoudre.
- L'effet rebond : une amélioration apparente peut masquer une intégration incomplète, avec retour des symptômes après quelques semaines.
"L'EMDR est une thérapie puissante, et c'est précisément sa force qui en fait aussi l'exigence : elle nécessite une évaluation rigoureuse du patient avant de débuter, pas seulement une motivation." — Dr. Caroline Gérard, psychiatre et thérapeute EMDR certifiée EMDR Europe
L'EMDR présente-t-elle des contre-indications ?
Oui, l'EMDR présente des contre-indications clairement identifiées : certains profils psychologiques ou médicaux nécessitent une évaluation approfondie avant d'envisager ce type de thérapie, et dans certains cas, la méthode est formellement déconseillée jusqu'à stabilisation de l'état du patient.
Les principales contre-indications à connaître :
- Troubles dissociatifs sévères non stabilisés (trouble dissociatif de l'identité notamment) : l'activation des mémoires traumatiques sans phase de stabilisation préalable peut provoquer une fragmentation dissociative dangereuse.
- Psychoses actives ou épisodes maniaques en cours : l'état de focalisation intense induit par l'EMDR est incompatible avec une psychose floride.
- Épilepsie photosensible : les mouvements oculaires répétitifs peuvent déclencher des crises chez certains patients. Des alternatives existent cependant (tapotements alternés, stimulations auditives).
- Grossesse à risque élevé : les remontées émotionnelles intenses peuvent être contre-indiquées en cas de grossesse fragile ou de complications obstétricales.
- Instabilité psychiatrique sévère : un patient en crise suicidaire active ou en état de décompensation aiguë ne dispose pas des ressources nécessaires pour traverser une séance d'EMDR en sécurité.
- Absence totale de ressources de stabilisation : si la personne est incapable de "fermer" une séance et de réguler ses émotions une fois sortie du cabinet, le risque de décompensation dans les heures qui suivent est réel.
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Comment se déroule une réaction adverse après une séance d'EMDR ?
Une réaction adverse typique se manifeste dans les 24 à 72 heures suivant la séance, sous forme d'une résurgence émotionnelle ou sensorielle liée aux souvenirs travaillés. C'est ce que les thérapeutes EMDR appellent le "processing inter-séances" : le cerveau continue son travail de retraitement en dehors du cabinet.
Ce que vit concrètement un patient :
Isabelle, 38 ans, cadre dans une entreprise de logistique à Clermont-Ferrand, m'a partagé son expérience après sa troisième séance d'EMDR pour un accident de voiture : "J'ai passé deux nuits très agitées, avec des rêves intenses. Le lendemain de ma séance, j'étais épuisée et je pleurais sans raison apparente. Mon thérapeute m'avait prévenue, mais ça restait déstabilisant. Une semaine plus tard, j'ai réalisé que je repensais à l'accident avec beaucoup moins d'intensité émotionnelle — comme si le volume sonore avait baissé."
Ce témoignage illustre bien la ligne entre un effet indésirable normal (processing en cours) et une réaction adverse réellement problématique. Voici les signaux d'alerte qui doivent vous conduire à recontacter votre thérapeute sans attendre :
- Les symptômes s'aggravent de façon durable au-delà d'une semaine sans signe d'amélioration
- Apparition de comportements d'évitement nouveaux ou nettement renforcés
- Sentiment persistant de déréalisation ou de dépersonnalisation
- Pensées intrusives incontrôlables qui ne diminuent pas en intensité
- Incapacité à assurer ses fonctions professionnelles ou familiales quotidiennes
Selon une enquête menée par EMDR France (2022), 87 % des patients ayant signalé des effets secondaires les ont jugés tolérables et temporaires, contre 13 % qui ont nécessité un ajustement du rythme ou du protocole thérapeutique.
Comment choisir un thérapeute EMDR qualifié pour minimiser les risques ?
Choisir un thérapeute EMDR certifié est la première et la plus efficace des mesures de prévention contre les risques : un praticien bien formé connaît les protocoles de stabilisation, sait évaluer les contre-indications et adapte son approche au profil exact de chaque patient.
Checklist pratique pour valider les qualifications d'un thérapeute EMDR :
- [ ] Il est psychologue, psychiatre, médecin ou psychothérapeute déclaré (titre réglementé en France depuis 2010)
- [ ] Il possède une certification EMDR reconnue par EMDR Europe ou l'EMDR Institute
- [ ] Il mentionne une supervision régulière auprès d'un consultant EMDR accrédité
- [ ] Il propose une séance d'évaluation approfondie avant de démarrer le protocole de traitement
- [ ] Il aborde spontanément les risques potentiels et les effets secondaires possibles dès la première rencontre
- [ ] Il explique clairement le protocole de stabilisation utilisé (lieu sûr, ressources émotionnelles, techniques de grounding)
- [ ] Il précise comment vous pouvez le joindre entre les séances en cas de réaction intense
Un autre point souvent négligé : le rythme des séances. Des séances trop rapprochées, sans laisser suffisamment de temps au cerveau pour intégrer le processing, augmentent significativement le risque de surcharge émotionnelle. La fréquence standard recommandée est d'une séance par semaine, avec des espaces plus longs si le matériel travaillé est particulièrement dense.
Pour les dirigeants et entrepreneurs qui envisagent l'EMDR dans un contexte de burnout ou de stress professionnel chronique, je vous invite à lire notre article sur l'accompagnement des professionnels face à la pression sur of-coaching.fr — les enjeux de la préparation psychologique y sont traités de façon pragmatique et orientée résultats.
L'EMDR est-elle validée scientifiquement et recommandée en France ?
Oui, l'EMDR est l'une des psychothérapies les mieux validées scientifiquement pour le traitement du TSPT : elle figure dans les recommandations officielles de la HAS, de l'OMS et de l'INSERM, ce qui la distingue nettement de nombreuses approches alternatives moins rigoureusement étudiées.
Voici les données scientifiques clés à retenir absolument :
- Une méta-analyse portant sur 38 essais randomisés contrôlés (van Etten & Taylor, 1998) a montré que l'EMDR réduit les symptômes du TSPT dans 77 % des cas après 3 à 8 séances seulement.
- L'OMS recommande l'EMDR comme traitement de première ligne du TSPT dans ses lignes directrices publiées en 2013 — au même niveau que les thérapies cognitivo-comportementales centrées sur le trauma.
- En France, l'INSERM a classé l'EMDR parmi les psychothérapies disposant d'un niveau de preuve scientifique reconnu dans son rapport d'évaluation des psychothérapies paru en 2004.
- Une étude publiée dans Frontiers in Psychology en 2019 confirme que les effets indésirables graves de l'EMDR restent inférieurs à 2 % lorsque la thérapie est conduite par un thérapeute certifié et que le patient a été correctement évalué en amont.
L'enjeu n'est donc pas de savoir si l'EMDR est "dangereuse" en soi — elle ne l'est pas, dans les conditions appropriées — mais de s'assurer que vous êtes entre les mains d'un professionnel compétent et que votre profil a été correctement évalué avant de démarrer. Ce qui est vrai, finalement, pour toute démarche thérapeutique ambitieuse.
Questions fréquentes
Q : L'EMDR peut-elle être pratiquée en ligne, et cela augmente-t-il les risques ?
R : L'EMDR à distance (visioconférence) est possible et pratiquée depuis la pandémie de 2020. Elle présente cependant des risques accrus car le thérapeute ne peut pas intervenir physiquement en cas de décompensation soudaine. Elle est généralement déconseillée pour les traumatismes complexes ou les patients présentant des antécédents dissociatifs.
Q : L'EMDR peut-elle créer de faux souvenirs ?
R : La question est légitime. Certaines études anciennes avaient soulevé la problématique de la suggestibilité en état de concentration intense. Cependant, les protocoles EMDR actuels sont conçus pour retraiter les souvenirs existants, non pour en créer. Un thérapeute éthique ne suggère aucun contenu au patient et reste dans un rôle de facilitation. La recherche actuelle ne confirme pas de risque systématique de faux souvenirs (Shapiro, 2018).
Q : Combien de séances d'EMDR sont nécessaires, et le risque augmente-t-il avec le nombre ?
R : Pour un trauma unique et récent, 3 à 8 séances suffisent souvent. Pour des traumatismes complexes ou répétés (maltraitance chronique, deuil compliqué, violences prolongées), le traitement peut s'étendre sur plusieurs mois. Le risque ne croît pas linéairement avec le nombre de séances — c'est avant tout le rythme et la qualité de l'intégration entre les séances qui déterminent la sécurité du processus.
Q : L'EMDR est-elle remboursée par la Sécurité sociale en France ?
R : Non, l'EMDR n'est pas prise en charge par l'Assurance maladie, sauf si le praticien est médecin ou psychiatre conventionné et que la séance entre dans le cadre d'une consultation remboursable. Certaines mutuelles proposent des remboursements partiels en médecines douces ou psychothérapies. Le coût moyen d'une séance oscille entre 60 et 120 €.
Q : Peut-on faire de l'EMDR si l'on prend des médicaments psychotropes ?
R : Oui, dans la plupart des cas. Certains médicaments — notamment les benzodiazépines — peuvent toutefois réduire l'efficacité de l'EMDR en atténuant les réponses émotionnelles nécessaires au retraitement. Il faut en discuter ouvertement avec votre thérapeute EMDR et votre médecin prescripteur avant de commencer.
Q : Y a-t-il des risques spécifiques pour les enfants et adolescents ?
R : L'EMDR est adaptée aux enfants, mais nécessite des protocoles spécifiques développés pour cette population (EMDR-PROPARA, protocole papillon, jeux thérapeutiques). Les risques sont similaires à ceux des adultes, avec une vigilance particulière sur la communication avec les parents et sur la capacité de l'enfant à exprimer son vécu entre les séances.
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Claude Barbey — Consultant SEO local et webmarketing à Vichy. J'aide les professionnels de santé, coachs et thérapeutes à être mieux trouvés sur Google grâce à un contenu expert, utile et durablement optimisé pour leur audience locale.